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Gestion de l’imprévu

Suivre la course au large, c’est forcément devoir faire face à des « contre-temps » multiples et nombreux. Quand un sport est autant lié aux éléments, la mer et le vent, il faut savoir qu’ils dictent une bonne partie du récit, mais c’est aussi ce qui séduit.

Départ à l'anglaise pour les 84 Minis lors du prologue de la Mini Transat 2013. Une semaine avant le départ officiel le 13 octobre, tout se déroulait comme prévu. Douarnenez, 6 octobre 2013.
Départ à l’anglaise pour les 84 Minis lors du prologue de la Mini Transat 2013. Une semaine avant le départ officiel le 13 octobre, tout se déroulait comme prévu. Douarnenez, 6 octobre 2013.

« On sait quand on part et jamais quand on arrive, et parfois même on ne sait même plus quand on part », voilà un adage évoqué fréquemment sur les pontons et qui traduit exactement la situation actuelle sur la Mini Transat. Une course suit assez rarement le scénario idéal envisagé par les organisateurs, surtout au niveau des fameuses ETA (estimations du temps d’arrivée), qui s’affinent tout au long de la course et de la meilleure connaissance des conditions de navigation. Dépressions, anticyclones, et mer agitée aiment se mêler des histoires de marins et d’en faire à chaque fois une course différente. Dompter les éléments, pas vraiment, plutôt faire corps avec les éléments, comme ils font corps avec leurs bateaux, voilà ce que recherchent les skippers, et en particulier les solitaires.

Du côté du journaliste

Il y a quelques semaines j’avais vu passer ce tweet d’Edgar Morin, oui parce que le philosophe a un compte Twitter qui permet d’avoir régulièrement, jusqu’à 140 caractères de ses pensées ou lectures, :

En juillet cette énonciation m’a particulièrement marqué, parce qu’elle traduit exactement l’un des principe qui régit le travail du journaliste sur la course au large. Faire des beaux plans rédactionnels pour couvrir une course, un planning de déplacement pour être au plus près de l’événement, tout cela peut-être remis en cause au dernier moment. C’est vrai pour le journalisme sportif en général, puisque ma plus belle expérience de bouclage, était à France Football où le soir de la finalisation de la mise en page du numéro paraissant le vendredi, un petit Poucet, Calais vainqueur en demie-finale de Coupe de France qui fait mettre à la poubelle (au marbre dans le jargon) plusieurs pages sur son adversaire Bordeaux, dont une belle interview d’une de ses stars, et un Ronaldo (le Brésilien) enfin de retour sur le gazon qui se fait une belle entorse du genou. Deux matchs qui apparaissaient pour les journalistes plutôt comme une formalité se transforment en bouclage à 2 heures du matin, qui permettent même de voir L’Equipe du lendemain affiché dans le couloir, comme il était alors d’usage dès qu’une page était bonne à envoyer sous presse.

Pour la Mini Transat, j’ai donc travaillé donc à avoir du contenu un peu immuable, pour évoquer les projets des skippers alors qu’ils seront en mer, et aussi faire un planning raisonnable et modulable pour rendre compte des situations de course. La préparation du départ de la Transat Jacques Vabre, va certainement totalement se chevaucher avec la première étape de la Mini Transat, mais il faudra simplement faire son maximum, en essayant de ne léser aucune des deux courses.

Les premiers concernés restent les marins

Si le journaliste doit gérer l’imprévu et l’inclure dans son travail, cela est aussi une réalité du skipper. Aujourd’hui, les 84 marins de la Mini Transat sont en mode attente, et cela fait plus d’une semaine qu’ils n’ont plus de date pour larguer les amarres. Avec un peu visibilité, en fait totalement bouchée, sur un prochain départ, certains en profitent pour rentrer chez eux, ceux basés en Bretagne ou avec des attaches non loin de là, quelques-uns ont quelques réparations qu’ils pensaient faire en mer ou des travaux qu’ils pensaient réaliser à l’escale de Lanzarote. La complexité pour eux : sortir de la course pour respirer un peu ou garder la concentration au maximum pour ne pas avoir de difficulté à s’y remettre lorsque la direction de course passera enfin en code vert : un départ possible dans les 24 heures.

Pour cette édition 2013, il faut donc accepter de ne pas être au départ de la Mini Transat, avec un planning qui n’est plus flexible pour les deux semaines à venir. Là, il était important d’aller le plus possible à la rencontre des skippers et de sentir les particularités de cette course qui traduit la réalisation d’un projet de deux ans. Pour un certain nombre d’entre-eux ce sera leur dernière grande course en Mini, voire leur dernière course tout court sur leur propre »coque de noix ».

C’est toujours un plaisir de revenir à Douarnenez, qui sera encore au programme de la saison 2014, avec le Grand Prix Guyader et le Mondial Class40, et les Trophée Marie-Agnès Péron et Mini Fastnet.

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