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Le passage obligé du convoyage

Je convoie, tu convoies, il convoie, nous convoyons… Le verbe convoyer est dans le langage habituel toujours associé aux grosses sommes d’argent puisque l’on connaît les « convoyages de fond ». Dans la voile, c’est le fait d’amener son bateau d’un point A à un point B mais hors course.

Le village de course, à Port Rhu, Douarnenez, jeudi 3 octobre 2013 à 19h00.
Le village de course, à Port Rhu, Douarnenez, jeudi 3 octobre 2013 à 19h00.

Certains vont préférer passer par la route, pour un Mini 6.50 c’est encore un objet assez facile à trimbaler, une bonne voiture, un ber et c’est parti. Il faut quand même se déplacer sous la forme d’un convoi exceptionnel, puisqu’un Mini fait 3 mètres de large. D’autres vont choisir la mer, pour profiter un peu de son bateau, pas forcément en solitaire, pour faire quelques réglages.

Le convoyage n’est jamais anodin, mais c’est certainement l’étape qui place le skipper en mode course. Il n’y a pas de récit de Mini 6.50 envoyé par terre par un semi-remorque indélicat ou autre, mais trimbaler un objet conséquent même par la route n’est pas dénué de risque. « Il faut notamment faire attention aux branches des arbres de bord route », précise Julien Pulvé, 802-Mext, fraîchement arrivé de La Rochelle. Quant au convoyage par la mer, hélas, le milieu de la course au large dispose de plusieurs anecdotes malheureuses : la collision d’Alex Thomson en arrivant aux Sables d’Olonne avant le Vendée Globe 2008, ou celle du Class40 de Pierre-Yves Lautrou, à quelques milles de Saint-Malo l’empêchant de prendre le départ de la Route du Rhum 2010.

Heureusement ce n’est pas ce genre d’histoire qui va accompagner l’édition 2013. La mésaventure de Nicolas Boidevézi, 719-Nature Addicts, au retour de La Chrono ce mois de juillet, et celle de Ian Lipinski 539-Pas de futur sans numérique, il y a à peine plus d’une semaine, une collision avec un pêcheur lors d’un entraînement nocturne, ont fait l’effet d’une piqure de rappel de vigilance. Mais la grande majorité des marins situés sur la côte ouest de la France ont préféré faire ce rituel du convoyage par la mer. Pierre-François Dargnies, 755-We-Van.com, a choisi de faire cette dernière navigation vers Douarnenez en double pour plus de sécurité, d’ailleurs après une grosse période d’entraînement en solitaire, il avait décidé dès la mi-septembre d’effectuer seulement des sorties en double.

Pour Vincent Busnel, 159-Déphémérid’eux, le convoyage constituait de vraies retrouvailles avec son Mini depuis la Transcogne. « Axé ces deux derniers mois sur la recherche de financement, je n’ai pas pu naviguer une seule fois, c’était un vrai plaisir d’enfin être sur le bateau, et seul », précise-t-il. En ce début d’automne, les marins ont rencontrés des conditions agréables en mer. Ils n’ont pas eu à faire face à la pétole, qui peut les bloquer un certain temps sur zone. Surtout s’ils ne sont pas équipé de moteur, comme c’est le cas de la très grande majorité des Protos et même les Séries peuvent préférer laisser cet appendice à la maison plutôt que devoir le faire ramener par la suite. Les marins n’ont pas hésité à partir en groupe, notamment de Lorient où une bonne partie de la flotte est basée, pour faciliter la veille en mer. Un bon nombre d’entre-eux n’a pas hésité à communiquer sur ce « rituel » important, sur leurs pages Facebook, leurs comptes Twitter ou simplement leurs sites Internet.

 

Entrée du Mini 196-Reality par la passerelle Jean Marin, vers Port Rhu.
Entrée du Mini 196-Reality par la passerelle Jean Marin, vers Port Rhu.

L’arrivée à Douarnenez, cela n’est pas forcément synonyme de mise en place au ponton, puisqu’il faut être à marée haute pour pouvoir ouvrir la passerelle Jean Marin. Pour ce jeudi 3 octobre 2013, les voiliers arrivés dans la nuit ont dû patienter jusqu’en début d’après-midi au port de Tréboul pour rejoindre le village de départ à Port Rhu. L’entrée dans l’embouchure de la rivière Pouldavid se fait par remorquage. Et elle devait fermer à 18h30, de tout façon les engagés dans la Mini Transat avaient jusqu’à 18 heures pour être amarrés aux pontons au risque d’être mis à l’amende par l’organisation de course. Comme il est d’usage dans la Classe Mini, toute amende est versée au profit de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM). Aucun Mini 6.50 ne manquait à l’appel hier soir, même si les installations se sont déroulées jusqu’au dernier moment.

Comme pour le Vendée Globe, les Ministes le rappellent souvent : être au départ est déjà une victoire. Etre amarré au ponton de Port Rhu ce jeudi 3 octobre 2013 signifie que le départ est à l’agenda du skipper, avec comme prochain point de mire la Guadeloupe.

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