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Fabrice Amedeo – SNCF Geodis Newrest (81)

Fabrice Amedeo prendra le départ dimanche de sa deuxième Route du Rhum sur son fidèle Akilaria RC 2 ! © Jean-Marie Liot
Fabrice Amedeo prendra le départ dimanche de sa deuxième Route du Rhum sur son fidèle Akilaria RC 2 ! © Jean-Marie Liot

Journaliste au Figaro Nautisme, auteur du livre officiel de la Route du Rhum qui vient de paraître, Fabrice Amedeo a repris la barre en solo de son Class40 après deux saisons conjuguées en double avec Armel Tripon. Ce dernier avait été son coach sur l’édition 2010 du Rhum. Le skipper de SNCF Geodis Newrest est donc un doublant et comme Patrice Bougard et Thierry Bouchard, il rempile avec le même voilier qu’il a pas mal fait évoluer en quatre ans.

Propos recueillis par Carole Astier

Sailors & Races : A quand remonte la première envie de faire la Route du Rhum ?

Fabrice Amedeo : Mon histoire avec la Route du Rhum commence en 1986 quand j’ai vu le départ au cap Fréhel. En 2008, j’ai fait du Figaro à 30 ans et pour moi le coup d’après c’était faire une transat en solitaire. Ma première Route du Rhum reste un souvenir incroyable. Je n’avais jamais fait du Class40 et j’ai récupéré mon bateau en juillet. Ma qualification avait été assez chaude. J’ai recruté Armel Tripon comme coach en septembre 2010. J’ai eu 21 jours de traversée : c’était un truc de malade.

S&R : Quelle est votre expérience transtlantique ?

F. A. : J’ai fait sept transatlantiques dont six en course. J’avais fait un convoyage en 2001 entre le Canada et l’Angleterre.  La Route du Rhum c’est vraiment mythique, et vraiment une course à part. Je me souviens particulièrement de mon tour de Guadeloupe de nuit et le lever de soleil qui a suivi reste l’un des moments clés de ma vie, notamment pour son intensité. C’était deux heures avant l’arrivée.

S&R : Avez-vous déjà fait une arrivée en Guadeloupe ou navigué dans cette zone des Antilles ?

F. A. : Une seule à l’occasion de la Route du Rhum 2010.

S&R : Est-ce que vous vous considérez comme professionnel ou amateur sur cette course et quel a été le timing de votre projet Route du Rhum ?

F. A. : Je suis un amateur, je ne vis pas de la voile mais je navigue pas mal et j’ai beaucoup professionnalisé le projet. Je dispose pour cette Route du Rhum 2014, d’un projet très structuré avec pour la préparation, la communication et le sportif. Geodis devait faire le Vendée Globe 2012 mais à cause de la crise il n’est plus parti là-dessus. Donc en 2011, je leur ai fait une proposition sur trois ans, avec Armel Tripon pour la partie double. J’ai pas mal de vacances alors j’arrive à me dégager du temps pour naviguer, mais même en temps normal cela me prend plusieurs heures par jour. Depuis longtemps j’y suis à 100% dans ma tête et je me partage entre Paris et la Bretagne. J’ai travaillé jusqu’à une semaine avant le départ. Pour ma part, avec mes responsabilités, c’est pas simple de poser du sans solde.

S&R : Pourquoi avoir choisi la catégorie de la Class40 pour faire cette Route du Rhum ?

F. A. : J’ai fait beaucoup d’IRC sur La Trinité-sur-Mer et je voyais l’Akilaria première génération de Dominic Vittet et je le trouvait magique. L’Akilaria RC2 demandait un budget correct.

S&R : Comment s’est fait le choix du bateau ? Est-ce qu’il y a eu des aménagements effectués pour cette Route du Rhum ?

F. A. : Je me suis longtemps posé la question de changer de bateau, mais d’un coté je le connais et j’ai l’impression de ne pas avoir fini l’histoire avec lui. A priori après cette Route du Rhum je vais arrêter le Class40. J’en suis le propriétaire et nous avons fait pas mal d’évolutions. En 2013 nous avons reculé les ballasts, avec 250 litres derrière. Au reaching ça donne un comportement du bateau complètement différent. Nous avons changé la configuration de voile. Il n’ira jamais aussi vite que les nouvelles carènes. Cette année j’ai repris de la quête derrière. J’ai enlevé la table à carte et les bannettes. A la place j’ai un écran posé à la verticale et une tablette avec un pouf, qui me sert aussi à dormir.

S&R : Combien de jours de navigation sur ce Class40 avez vous effectués en 2014 ?

F. A. : J’ai dû naviguer cinq semaines avec La Qualif’ Solidaire.

S&R : Qu’est-ce qui est prévu pour le retour de Guadeloupe du voilier ?

F. A. : Cela sera un convoyage par la mer avec quelqu’un de confiance : Didier Le Vourch. Il se fera le plus rapidement possible après l’arrivée en Guadeloupe.

S&R : Est-ce que le financement du projet comporte une part d’apport personnel ?

F. A. : Sauf accident de fin de saison le budget sera à l’équilibre, grâce au nouveau partenaire Newrest qui apporte un tiers.

S&R : Est-ce que vous disposez du soutien d’un préparateur professionnel, et si oui sur quelle période ?

F. A. : Toute la saison, un préparateur a suivi le voilier, réalisé par un prestataire de la Trinité sur Mer. J’ai aussi une personne qui assure la coordination depuis le courant de la saison. Je n’ai jamais été aussi prêt sur le départ d’une course. Je vais faire le contrôle sécurité en arrivant. Il y aura juste à mettre la nourriture à bord. Le bateau est en configuration Rhum depuis la mi-septembre 2014.

S&R : Comment est-ce que vous vous entraînez (coach, solitaire) ?

F. A. : J’ai travaillé avec Thomas Ruyant le vainqueur de la Route du Rhum 2010 et Yvon Berrehar qui assure la coordination et le suivi de projet. J’ai fait des sorties en faux solo et en vrai solo de 200 milles quand il y avait 25 nœuds tout début octobre. J’ai assez peur des conséquences des conditions estivales.Thomas est un régatier, et quant à Yvon, il sait comment aller loin tout en navigant propre.

S&R : Qu’est-ce que vous avez prévu pour le convoyage du Class40 vers Saint-Malo ?

F. A. : Avec Yvon et un ami. C’est la dernière navigation un peu au large, il faut tout vérifier et ne rien casser.

S&R : Quel plaisir trouvez-vous dans la compétition en solitaire et quels sont vos objectifs sportifs sur cette course ?

F. A. : J’adore être seul sur le bateau. C’est dur et j’aime me dépasser avec de l’engagement et une confrontation sportive intense. Sur le plan sportif, cette Route du Rhum n’a rien à voir avec celle de 2010 : il va y avoir trois à quatre bateaux qui vont se détacher et ensuite il y aura 15 voiliers. Cette année entrer dans les 20 est déjà un objectif intéressant. Mon objectif est d’être dans les 15 premiers, mais être dans les 20 sera déjà synonyme d’avoir bien navigué.

S&R : Avez-vous adopté une préparation physique pour cette course ?

F. A. : Depuis juillet 2014 je travaille avec un coach sur le fractionnement et le renforcement musculaire. J’ai l’envie d’être performant car c’est le bonhomme qui fait la différence en solitaire : sur la navigation et sur le physique. Mon état est sans commune mesure avec 2010 : je suis affuté et je me sens bien. Pour le matossage par exemple ça passe tout seul.

S&R : La première partie de la Route du Rhum, avec le départ à près de 100 solitaires plus les bateaux accompagnateurs jusqu’au dégolfage en novembre, est particulière. En avez-vous l’expérience et comment l’abordez-vous ?

F. A. : En 2010 le départ était relativement clément. En solitaire cela rend les choses plus difficile. J’étais parti en mode aventure donc sans pression. Cette année je suis plus dans la compétition donc j’ai plus envie d’agir vite sur le départ, mais tout en faisant attention.

S&R : Quel matériel de secours (spare dans le jargon maritime) embarquez vous pour la course ?

F. A. : J’embarque les outils habituels pour réparer le bateau et les voiles. J’ai trois pilotes automatiques sur le bateau qui sont fixes.

S&R : Quel type de nourriture avez-vous prévu pour l’avitaillement et combien de jours embarquez-vous ?

F. A. : J’embarque 20 jours de lyophilisés, avec deux repas chauds par jour et du muesli en petit-déjeuner.

S&R : Allez-vous être présent sur Saint-Malo pour toute la durée du village départ ? Comment envisagez-vous cette dizaine de jours ?

F. A. : Je suis à plein temps qu’à partir du mercredi. Le bateau lui est prêt, ce sera plus place aux médias et les petites choses de dernière minute. Les sponsors vont pas mal venir, mais ma famille ne vient pas sur les départs. Elle sera à l’arrivée en Guadeloupe. La pression monte sur le village et les visites familiales sont plus une contrainte qu’autre chose.

S&R : Est-ce que vous avez déjà des choses bien engagées pour 2015 ?

F. A. : Le Class40 est à vendre après la course. Je verrais à ce moment-là si les choses peuvent continuer avec les partenaires. Pour l’instant je me concentre sur ma Route du Rhum.

Changement de robe pour le Class40 de Fabrice Amedeo qui compte aussi comme partenaire Newrest aux côtés de SNCF Geodis
Changement de robe pour le Class40 de Fabrice Amedeo qui compte aussi comme partenaire Newrest aux côtés de SNCF Geodis    © Jean-Marie Liot

 

A propos de Carole Astier

Présentation Carole Astier Le journalisme est une vraie vocation. Influencée par un grand-père qui rêvait être journaliste, j'ai pris la tangente dès qu'elle s'est présentée lors de mes études en biologie. Une simple affiche « L'ESJ Lille recrute : devenez Journaliste Scientifique ». Le bac +4 indispensable en poche, c'est à l'ESJ Lille et à l'USTL que j'apprends ce métier. Promotion JS7 (Journaliste et Scientifique) alias Promotion ESJ 74 (sortie juin 2000). Pour les stages lors de la scolarité pas de surprise : l'agence aixoise de La Provence, la ville du Cour Mirabeau où j'ai usé mes fonds de culotte en secondaire, et France Football, car déjà mon attrait pour le journalisme sportif avait été perçu par les encadrants de la formation. Le bouclage du numéro parution le vendredi, le soir de la reprise de Ronaldo (le Brésilien) et de la victoire surprise de Calais sur Bordeaux en demie-finale de la Coupe de France 2000 reste encore mon plus beau souvenir de bouclage. Pour obtenir ma première carte de presse, je travaille dans une toute petite rédaction de la presse informatique professionnelle verticale (SI assurance et SI secteur santé). L'opportunité de toucher à tous les types rédactionnels, d'assez rapidement prendre en main la réalisation de grands dossiers. Je participe aussi à la naissance de deux nouveaux magazines au sein de la rédaction, abordant l'aspect maquette, charte graphique, et tout l'aspect de la chaîne graphique. Puis je dégote des piges, pour un journal orienté « plateaux techniques », qui permet de sortir du champs du seul système d'information, et de parler de plus en plus de la pratique médicale. Expérience très enrichissante de la création d'une lettre d'information pour une association de médecins spécialistes. Puis la présence au départ d'une course de Class40 : la Solidaire du Chocolat, des rencontres avec les skippers assez faciles, l'absence d'articles sur le sujet, me font tenter un blog. Après une tentative personnelle sur twitter dès 2009, je décide d'y revenir avec une visée uniquement professionnelle, et je découvre le plaisir de faire du direct avec le Live Tweet, et l'un des meilleurs moyens pour se faire son réseau à distance quand on n'a pas la chance d'habiter près de la mer et de ne pas être du sérail. Le blog est plutôt gagnant : des visites, de la matière, et des bons retour côté skippers. Alors mûrit la volonté de faire plus... et ça devient Sailors & Races. Quel est le comble du journaliste de terrain ? Malgré la grande curiosité, être très intimidé face aux personnes inconnues avec qui il n'a pas convenu de rendez-vous au préalable, mais être capable de se lancer dans un projet de portail multimedia en solo, en chargeant la barque en ajoutant une autre catégorie de voilier, mais il était impossible de passer à côté de la Mini Transat 2013. Malgré quelques expériences de navigation adolescente, je revendique la posture du non-pratiquant. Comme j'ai couvert les systèmes d'information en étant juste une utilisatrice un peu éclairée, comme j'ai traité d'une chirurgie très pointue en ayant que mon bagage de maitrise de biochimie option nutrition pour principale base, je découvre les différents aspects de la navigation au fur et à mesure. Peut-être le meilleur moyen de savoir rester à distance pour garder le grand public comme l'une des cibles. Aucune arrogance vis à vis des confrères et autres titres en pensant faire mieux, mais juste l'idée qu'il y a de la place pour quelque chose de différent. Et avoir le luxe de pouvoir prendre le temps de mettre les choses en place, en suivant mon projet initial.

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