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Maxime Sorel – VandB MS Sailing Team (45)

Maxime Sorel participe à sa deuxième course en Class40 et prendra le départ dimanche de sa première transat. ©Hafouin Image
Maxime Sorel participe à sa deuxième course en Class40 et prendra le départ dimanche de sa première transat. ©Hafouin Image

Ingénieur en travaux publics, Maxime Sorel est l’un des jeunes, moins de 30 ans, au départ de cette Route du Rhum Class40 à mener de pair sa carrière professionnelle et son projet de course. Il part sur un Class40 de première génération, un Akilaria, pour sa première transatlantique tout court. Un sponsor titre trouvé très récemment a permis de commander une nouvelle grand voile pour partir à l’assaut du titre de vainqueur vintage récompensé de 2000 euros par la Class40. Celui qui est capable de sortir un poisson d’avril annonçant qu’il ne fera pas la Route du Rhum sera bien au départ dimanche prochain.

Propos recueillis par Carole Astier

Sailors & Races : A quand remonte la première envie de faire la Route du Rhum ?

Maxime Sorel : L’envie est là depuis que je suis tout petit, étant Malouin. Elle s’est concrétisée en 2010. J’ai raté l’édition parce que j’étais au Québec et j’ai donc suivi à distance. En 2013, j’ai sondé des fournisseurs pour lancer un projet et en août 2013 je suis passé à l’achat.

S&R : Quelle est votre expérience transtlantique ?

M. S. : Je n’ai jamais traversé l’Atlantique, même si j’ai déjà navigué dans les Caraïbes.

S&R : Avez-vous déjà fait une arrivée en Guadeloupe ou navigué dans cette zone des Antilles ?

M. S. : La Guadeloupe est la seule île que je n’ai pas dû faire. J’ai surtout navigué du côté des Grenadines.

S&R : Quelles sont vos attentes sur cette Route du Rhum 2014 ?

M. S. : Je souhaite vivre à fond la course avec mes partenaires, me faire super plaisir sur le bateau.

S&R : Est-ce que vous vous considérez comme professionnel ou amateur sur cette course et quel a été le timing de votre projet Route du Rhum ?

M. S. : Je suis amateur. Je viens d’arrêter mon activité professionnelle, d’ingénieur en travaux publics. Le projet date depuis un an et demi, avec la recherche des premiers partenaires en 2012. J’ai la chance dans mon métier de gérer moi-même mon emploi du temps. J’ai eu deux métiers en parallèle. Depuis le 28 août je suis donc à 100% pour le projet, j’ai arrêté juste deux jours avant de partir pour ma qualification.

S&R : Pourquoi avoir choisi la catégorie de la Class40 pour faire cette Route du Rhum ?

M. S. : J’ai choisi la Class40 en terme de budget et la catégorie vintage semblait une chose raisonnable. J’ai eu un manque de temps pour naviguer mais reste est abordable. Je suis un compétiteur dans l’âme et je voulais vendre un podium en catégorie vintage.

S&R : Comment s’est fait le choix du bateau ? Est-ce qu’il y a eu des aménagements effectués pour cette Route du Rhum ?

S. M. : C’est le prix avant tout qui a motivé le choix du n°45. J’avais déjà navigué auparavant sur un Akilaria et je trouvais que c’était un bon choix, que c’était un bateau robuste. C’est l’association MS Sailing team qui est propriétaire du bateau et moi j’en suis le skipper. Nous faisons naviguer des patients via l’association Vaincre la Mucoviscidose. J’ai changé le Solent. Et j’ai été aussi obligé d’envoyer la fabrication de la grand voile. Elle était partie en révision mais avec son état de dégradation la réparation n’était plus possible.

S&R : Combien de jours de navigation sur ce Class40 avez vous effectués en 2014 ?

S. M. : J’ai passé environ un tiers de mon temps en navigation depuis le début de l’année : tous les week-ends, plus les convoyages. J’ai dû faire une dizaine de tour de Bretagne. Cela doit représenter entre 80 et 100 jours.

S&R : Qu’est-ce qui est prévu pour le retour de Guadeloupe du voilier ?

S. M. : Ce sera un retour cargo car mon emploi du temps est très serré. Je dois reprendre le travail en janvier 2015. C’est une explication de mon budget très serré (ce retour cargo coûte près de 20000 euros vu le nombre faible de voiliers, ndlr). Le choix du cargo répond aussi à l’envie de préserver les voiles neuves pour la saison 2015.

S&R : Est-ce que le financement du projet comporte une part d’apport personnel ?

S. M. : J’ai été obligé de prêter de l’argent à l’association MS Sailing Team, que je compte récupérer s’il y a vente du bateau.

S&R : Qu’est-ce qui a été limitant en terme de budget (part vitale pour certains) ?

S. M. : Il y a un enrouleur que j’aurais souhaité changer et ainsi que refaire le matelotage à bord, pour lequel j’ai quand même eu l’aide de copains. Le dernier budget trouvé avec le partenaire titre a permis de payer le retour cargo. Avec 5000 euros en plus pour la communication nous pourrions faire quelque chose d’important.

S&R : Est-ce que vous disposez du soutien d’un préparateur professionnel, et si oui sur quelle période ?

S. M. : Non je n’ai pas de préparateur professionnel. Si j’avais pu en disposer cela aurait été vraiment optimum. J’étais préparateur en 2008 sur le bateau de Pascal Quintin. Je n’avais pas mesuré le nombre d’heures à passer sur le bateau.

S&R : Comment s’est passée votre qualification pour cette Route du Rhum ?

S. M. : Je suis parti le 30 août en qualification. Cela s’est bien passé même si je suis parti assez fatigué. Le parcours était assez stressant à cause de mon manque de navigation de plus de 72 heures. J’ai effectué des mesures pour mon sommeil, en relation avec l’équipe médicale du Centre du sommeil de l’Hôtel Dieu à Paris. J’ai fait un parcours quasi similaire à la Normandy Channel Race avec six traversées de la Manche. Cela a été impeccable. J’ai explosé le solent mais j’étais content.

S&R : Comment est-ce que vous vous entraînez (coach, solitaire) ?

S. M. : Entre les skippers de Saint-Malo nous avions l’idée de faire des sorties groupées mais in fine cela n’a pas réussi à se faire. Avec les écluses, les sorties se font forcément à la journée à Saint-Malo, souvent en double. Avec la personne qui m’accompagne qui remplace le pilote automatique à la barre, me laissant gérer tout seul les manœuvres. Quand je faisais des sorties plus longues c’était en solitaire : j’ai réussi à en faire une dizaine de 48 à 72 heures. C’était plutôt avant ma qualification. J’ai fait trois entraînements en double avec les nouvelles voiles. Deux mois avant le village départ, j’ai fait des sorties partenaires tous les jours.

S&R : Vous êtes à Saint-Malo donc il n’y a pas de convoyage pour vous vers le village départ ?

S. M. : En fait si, j’ai fait un convoyage à Saint-Brieuc pour sortir le bateau de l’eau et je suis rentré quelques jours après. Je suis content de le faire de jour, car je suis un peu inquiet avec tout le trafic. Partir de la maison c’est quand même un plus, car nous sommes habitué au bassin.

S&R : Quel plaisir trouvez-vous dans la compétition en solitaire et quels sont vos objectifs sportifs sur cette course ?

S. M. : J’ai fait du solitaire en IRC. J’aime être autonome et faire tout seul. Je suis assez solitaire dans l’âme et je n’aime pas trop la plaisance. En qualification, j’ai remarqué qu’il me manquait ce plus de la compétition même si j’étais en solitaire. J’aimerais mettre quelques bateaux plus récents derrière mois, et la première place de la catégorie vintage serait géniale. Sur la Normandy Channel Race j’avais fait une place assez honorable (11ème sur 17 partants, ndlr).

S&R : Avez-vous adopté une préparation physique pour cette course ?

S. M. : Je travaille depuis un an avec David Montois à Saint-Malo. Il est le préparateur physique de pas mal de Malouins comme Louis Burton. C’est pour trouver de l’aisance sur le bateau : travailler la ceinture abdominale, le dos, les portés. Cela permet d’avoir un corps sain et de préparer les à-coups que l’on va prendre. C’est assez ludique comme approche.

S&R : La première partie de la Route du Rhum, avec le départ à près de 100 solitaires plus les bateaux accompagnateurs jusqu’au dégolfage en novembre, est particulière. En avez-vous l’expérience et comment l’abordez-vous ?

S. M. : J’ai déjà été sur la ligne de départ en tant que spectateur, mais en tant que concurrent que n’ai jamais connu quelque chose d’analogue. J’espère que ça sera clément, parce que ça peut faire peur. Sur les premiers milles et jusqu’au cap Fréhel il y a des bateaux dans tous les sens. Cela sera aussi mon premier dégolfage en course. Je l’ai fait en convoyage mais pas à cette période de novembre. Je travaille pendant cette dernière semaine avec Dominic Vittet. Nous sommes plusieurs coureurs de la Class40 à ainsi finaliser la météo avec lui sur des petits points.

S&R : Quel matériel de secours (spare dans le jargon maritime) embarquez vous pour la course ?

S. M. : J’embarque des poulies, des bouts et beaucoup de kits de réparation pour l’électronique, la mécanique, les voiles. Aussi deux lattes de grand voiles, les plus grandes. Le point faible c’est l’électricité, j’aurai des fiches pour aider à réparer.

S&R : Quel type de nourriture avez-vous prévu pour l’avitaillement et combien de jours embarquez-vous ?

S. M. : Je suis parti sur 24 jours d’avitaillement. Sur cette dernière semaine ça sera affiné en fonction de la météo. J’ai pris un kit Route du Rhum pour une quinzaine de jours et un chef cuisto du secteur m’a préparé des plats sous-vide.

S&R : Allez-vous être présent sur Saint-Malo pour toute la durée du village départ ? Comment envisagez-vous cette dizaine de jours ?

S. M. : Le programme sur cette période est très chargé. J’ai un planning heure par heure pendant toute la durée. Etant du secteur, cela n’arrête pas. Avec mes partenaires nous avons une salle à 300 mètres du village, sorte de quartier général. C’est VandB (son partenaire titre, ndlr) qui en gère la logistique. Tous les jours il y a un gros événement.

S&R : Est-ce que vous avez déjà des choses bien engagées pour 2015 ?

S. M. : Cela se fera en fonction des réactions des partenaires après cette Route du Rhum. Et il y a mon métier à gérer avec le programme assez chargé de la Class40. La Transat Jacques Vabre risque d’être impossible pour moi. Je pense plutôt à la Normandy Channel Race et à Les Sables-Horta-Les Sables. En 2016, j’aimerais vraiment faire la Transat Québec Saint-Malo surtout que j’ai passé six mois à Québec.

Nouvelle Grand Voile pour Maxime Sorel sur son Akiliria n°45 aux couleurs de VandB et MS Sailing Team. ©Hafouin Image
Nouvelle Grand Voile pour Maxime Sorel sur son Akiliria n°45 aux couleurs de VandB et MS Sailing Team. ©Hafouin Image

A propos de Carole Astier

Présentation Carole Astier Le journalisme est une vraie vocation. Influencée par un grand-père qui rêvait être journaliste, j'ai pris la tangente dès qu'elle s'est présentée lors de mes études en biologie. Une simple affiche « L'ESJ Lille recrute : devenez Journaliste Scientifique ». Le bac +4 indispensable en poche, c'est à l'ESJ Lille et à l'USTL que j'apprends ce métier. Promotion JS7 (Journaliste et Scientifique) alias Promotion ESJ 74 (sortie juin 2000). Pour les stages lors de la scolarité pas de surprise : l'agence aixoise de La Provence, la ville du Cour Mirabeau où j'ai usé mes fonds de culotte en secondaire, et France Football, car déjà mon attrait pour le journalisme sportif avait été perçu par les encadrants de la formation. Le bouclage du numéro parution le vendredi, le soir de la reprise de Ronaldo (le Brésilien) et de la victoire surprise de Calais sur Bordeaux en demie-finale de la Coupe de France 2000 reste encore mon plus beau souvenir de bouclage. Pour obtenir ma première carte de presse, je travaille dans une toute petite rédaction de la presse informatique professionnelle verticale (SI assurance et SI secteur santé). L'opportunité de toucher à tous les types rédactionnels, d'assez rapidement prendre en main la réalisation de grands dossiers. Je participe aussi à la naissance de deux nouveaux magazines au sein de la rédaction, abordant l'aspect maquette, charte graphique, et tout l'aspect de la chaîne graphique. Puis je dégote des piges, pour un journal orienté « plateaux techniques », qui permet de sortir du champs du seul système d'information, et de parler de plus en plus de la pratique médicale. Expérience très enrichissante de la création d'une lettre d'information pour une association de médecins spécialistes. Puis la présence au départ d'une course de Class40 : la Solidaire du Chocolat, des rencontres avec les skippers assez faciles, l'absence d'articles sur le sujet, me font tenter un blog. Après une tentative personnelle sur twitter dès 2009, je décide d'y revenir avec une visée uniquement professionnelle, et je découvre le plaisir de faire du direct avec le Live Tweet, et l'un des meilleurs moyens pour se faire son réseau à distance quand on n'a pas la chance d'habiter près de la mer et de ne pas être du sérail. Le blog est plutôt gagnant : des visites, de la matière, et des bons retour côté skippers. Alors mûrit la volonté de faire plus... et ça devient Sailors & Races. Quel est le comble du journaliste de terrain ? Malgré la grande curiosité, être très intimidé face aux personnes inconnues avec qui il n'a pas convenu de rendez-vous au préalable, mais être capable de se lancer dans un projet de portail multimedia en solo, en chargeant la barque en ajoutant une autre catégorie de voilier, mais il était impossible de passer à côté de la Mini Transat 2013. Malgré quelques expériences de navigation adolescente, je revendique la posture du non-pratiquant. Comme j'ai couvert les systèmes d'information en étant juste une utilisatrice un peu éclairée, comme j'ai traité d'une chirurgie très pointue en ayant que mon bagage de maitrise de biochimie option nutrition pour principale base, je découvre les différents aspects de la navigation au fur et à mesure. Peut-être le meilleur moyen de savoir rester à distance pour garder le grand public comme l'une des cibles. Aucune arrogance vis à vis des confrères et autres titres en pensant faire mieux, mais juste l'idée qu'il y a de la place pour quelque chose de différent. Et avoir le luxe de pouvoir prendre le temps de mettre les choses en place, en suivant mon projet initial.

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