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Miranda Merron – Campagne de France (101)

Miranda Merron est sur les trois navigatrices engagées en Class40 celle qui a de réelles chances pour disputer la bataille à l'avant de la flotte.
Miranda Merron est sur les trois navigatrices engagées en Class40 celle qui a de réelles chances pour disputer la bataille à l’avant de la flotte.

Pour raconter son tandem avec Halvard Mabire, formé depuis 2011 sur Campagne de France, Miranda Merron répond qu’elle n’a jamais réussi à le battre en course et qu’elle a donc décidé de contourner l’obstacle en faisant équipe avec lui. Avant de savoir qu’ils pourraient disposer de deux bateaux, elle pensait mettre sous silence ses envies pour laisser la place à Halvard sur La Licorne, le Pogo 40S2 qui les accompagne sur toutes les mers depuis 2011 et la première partie de la Globale Ocean Race 2011-2012. Finalement, c’est elle qui tiendra la barre d’un Class40 qu’elle connait sur le bout des ongles. Pleine de questions après six ans sans une seule course en solitaire, sa quatrième place sur La Qualif’ Solidaire en juin dernier, a forcément levé tous ses doutes.

Propos recueillis par Carole Astier

Sailors & Races : A quand remonte la première envie de faire la Route du Rhum ?

Miranda Merron : Je me suis décidé quand j’avais 30 ans, puisque je me sentais prête pour le solitaire. J’ai fait un passage avant par la course en équipage réduit, avec la Transat Jacques Vabre 1999, en compagnie d’Emma Richard. J’ai découvert un milieu fantastique et chaleureux. J’ai ainsi pris le départ de la Route du Rhum 2002.

S&R : Quelle est votre expérience transtlantique ?

M. M. : J’ai déjà effectué 16 transats dont quelques unes en convoyage. J’avais neuf ans pour ma première entre le Canada et l’Angleterre avec mes parents. Il y a toujours deux à trois souvenirs marquants par course. La Route du Rhum 2002 était ma première en solitaire et je me souviens très bien de la lumière du matin et la verdure de la Guadeloupe juste avant l’arrivée. C’était magique !

S&R : Avez-vous eu d’autres expériences de navigation en Guadeloupe en plus de cette arrivée en 2002 ?

M. M. : J’ai aussi fait des courses. C’est bien de connaître comment faire l’atterrissage mais c’est toujours aléatoire.

S&R : Quelles sont vos attentes sur cette Route du Rhum 2014 ?

M. M. : Il y a un super niveau en Class40 et en plus c’est la catégorie où il y a le plus de concurrents. En course ça sera passionnant à suivre. Je veux faire de mon mieux, surtout que je ressens de plus en plus de plaisir à courir en solitaire. Je pense que c’est parce que je me connais mieux et je connais bien le bateau. En 2002 (sur la Route du Rhum, ndlr), j’avais connu beaucoup de hauts et de bas. La partie côtière m’avait aussi bien énervée, j’avais plutôt envie d’en finir. En 2008 (sur la Transat Artemis, ndlr), c’était plus stable. En 2014 (sur La Qualif’ Solidaire, ndlr), je prends du plaisir.

S&R : Est-ce que vous considérez que vous avez un statut professionnel ou amateur sur cette course et quel a été le timing de votre projet Route du Rhum ?

M. M. : Depuis deux ans je suis vraiment professionnelle puisque je suis payée pour faire des courses. Cette Route du Rhum cela fait longtemps qu’on en discutait. C’est une belle histoire que nos partenaires nous permettent à l’un et à l’autre de partir en solitaire.

S&R : Pourquoi avoir choisi la catégorie de la Class40 pour faire cette Route du Rhum ?

M. M. : Pour un partenaire financier, la Class40 c’est dans l’air du temps. C’est un bateau à taille humaine et la jauge permet de réunir 43 bateaux au départ.

S&R : Comment s’est fait le choix du bateau ? Est-ce qu’il y a eu des aménagements effectués pour cette Route du Rhum ?

M. M. : Le 101 est un bateau que je connais très bien et cela n’avait pas de sens pour moi de prendre le bateau neuf. J’ai fait un minimum d’adaptation : pour affaler les voiles à l’avant, le bloqueur, ainsi qu’une alarme très bruyante. C’est la société d’Halvard [Mabire] qui en est propriétaire mais je l’ai construit en bonne partie avec lui.

S&R : Comment avez vous navigué sur ce Class40 en 2014 ?

M. M. : Je n’ai pas navigué pendant l’été puisque j’aidais Halvard sur le nouveau bateau.

S&R : Qu’est-ce qui est prévu pour le retour de Guadeloupe du voilier ?

M. M. : Le bateau est à vendre. Cela sera difficile de dire au revoir à ce bateau. Cela serait bien que quelqu’un décide de le récupérer juste après l’arrivée en Guadeloupe. Le « nous » est très important quand je parle du couple formé avec le bateau même si certains considèrent que c’est le « on » qui prévaut puisqu’il s’agit d’un objet inanimé.

S&R : Comment est-ce que vous vous entraînez (coach, solitaire) ?

M. M. : Nous avons effectué des sorties de 24 à 48 heures. Il faut à peu près 1h30 pour préparer le bateau pour une sortie et pour faire de la course au large les sorties de quelques heures ne sont pas suffisantes.

S&R : Qu’est-ce que vous avez prévu pour le convoyage du Class40 vers Saint-Malo ?

M. M. : Cela sera avec des gens que nous aimons bien et qui sont des bons marins, notamment pour le passage de l’écluse. Il ne faut pas prendre de risque et ensuite nous ne naviguerons plus. Notamment il ne faut pas se prendre de casier.

S&R : Quel plaisir trouvez-vous dans la compétition en solitaire et quels sont vos objectifs sportifs sur cette course ?

M. M. : La compétition est assez importante : c’est mon métier en partie. Pour ma quatrième place sur La Qualif’ j’ai fait des bétises et j’ai profité de celles des autres. A chaque sortie j’apprends à nouveau. J’ai une liste de bateaux à avoir derrière moi à Pointe-à-Pitre mais je la garde pour moi.

S&R : Avez-vous adopté une une préparation physique pour cette course ?

M. M. : J’ai fait du vélo et de la natation quand je ne naviguais pas.  Le côté administratif est assez dingue et prend un temps fou. Tout ce qui nous est demandé en terme de sécurité et médicament est un vrai reflet de la société.

S&R : La première partie de la Route du Rhum, avec le départ à près de 100 solitaires plus les bateaux accompagnateurs jusqu’au dégolfage en novembre, est particulière. En avez-vous l’expérience et comment l’abordez-vous ?

M. M. : Le choix est assez difficile entre prendre un bon départ et ne pas prendre de risque mais se faire larguer. Il faudra faire attention les premières 24 heures voire 48 heures, avant que tout le monde soit éparpillé. J’ai dégolfé seule à cette période en 2002 et cela ne me pose pas de problème, je sais que j’ai un bateau fiable.

S&R : Quel matériel de secours (spare dans le jargon maritime) embarquez vous pour la course ?

M. M. : J’embarque un kit de réparation voile, une bonne boite à outil. Il y a tout ce qu’il faut. C’est moi qui m’occupe de la logistique pour les deux bateaux donc je me suis occupée aussi de cela pour Halvard.

S&R : Quel type de nourriture avez-vous prévu pour l’avitaillement et combien de jours embarquez-vous ?

M. M. : Il y aura aussi la même nourriture sur les deux bateaux : 20 jours de lyophilisés, complétés par des fruits secs. J’embarque aussi de la pâte de poisson, un plat suédois.

S&R : Allez-vous être présent sur Saint-Malo pour toute la durée du village départ ? Comment envisagez-vous cette dizaine de jours ?

M. M. : La semaine va passer vite, il y a pas mal de contraintes. Côté visiteurs : famille, amis et partenaires seront au rendez-vous. Il y aura aussi quelques bricoles de dernière minutes, nos deux bateaux sont à couple l’un de l’autre.

 

C'est sur le Class40 plus ancien mais qu'elle connaît sur le bouts des ongles que Miranda Merron prendre le départ le 2 novembre prochain, le 101 Campagne de France où le vert dispute la place sur la grand voile au blanc et cette pointe d'orange. © Jean-Marie Liot.
C’est sur le Class40 plus ancien mais qu’elle connaît sur le bouts des ongles que Miranda Merron prendre le départ le 2 novembre prochain, le 101 Campagne de France où le vert dispute la place sur la grand voile au blanc et cette pointe d’orange. © Jean-Marie Liot.

A propos de Carole Astier

Présentation Carole Astier Le journalisme est une vraie vocation. Influencée par un grand-père qui rêvait être journaliste, j'ai pris la tangente dès qu'elle s'est présentée lors de mes études en biologie. Une simple affiche « L'ESJ Lille recrute : devenez Journaliste Scientifique ». Le bac +4 indispensable en poche, c'est à l'ESJ Lille et à l'USTL que j'apprends ce métier. Promotion JS7 (Journaliste et Scientifique) alias Promotion ESJ 74 (sortie juin 2000). Pour les stages lors de la scolarité pas de surprise : l'agence aixoise de La Provence, la ville du Cour Mirabeau où j'ai usé mes fonds de culotte en secondaire, et France Football, car déjà mon attrait pour le journalisme sportif avait été perçu par les encadrants de la formation. Le bouclage du numéro parution le vendredi, le soir de la reprise de Ronaldo (le Brésilien) et de la victoire surprise de Calais sur Bordeaux en demie-finale de la Coupe de France 2000 reste encore mon plus beau souvenir de bouclage. Pour obtenir ma première carte de presse, je travaille dans une toute petite rédaction de la presse informatique professionnelle verticale (SI assurance et SI secteur santé). L'opportunité de toucher à tous les types rédactionnels, d'assez rapidement prendre en main la réalisation de grands dossiers. Je participe aussi à la naissance de deux nouveaux magazines au sein de la rédaction, abordant l'aspect maquette, charte graphique, et tout l'aspect de la chaîne graphique. Puis je dégote des piges, pour un journal orienté « plateaux techniques », qui permet de sortir du champs du seul système d'information, et de parler de plus en plus de la pratique médicale. Expérience très enrichissante de la création d'une lettre d'information pour une association de médecins spécialistes. Puis la présence au départ d'une course de Class40 : la Solidaire du Chocolat, des rencontres avec les skippers assez faciles, l'absence d'articles sur le sujet, me font tenter un blog. Après une tentative personnelle sur twitter dès 2009, je décide d'y revenir avec une visée uniquement professionnelle, et je découvre le plaisir de faire du direct avec le Live Tweet, et l'un des meilleurs moyens pour se faire son réseau à distance quand on n'a pas la chance d'habiter près de la mer et de ne pas être du sérail. Le blog est plutôt gagnant : des visites, de la matière, et des bons retour côté skippers. Alors mûrit la volonté de faire plus... et ça devient Sailors & Races. Quel est le comble du journaliste de terrain ? Malgré la grande curiosité, être très intimidé face aux personnes inconnues avec qui il n'a pas convenu de rendez-vous au préalable, mais être capable de se lancer dans un projet de portail multimedia en solo, en chargeant la barque en ajoutant une autre catégorie de voilier, mais il était impossible de passer à côté de la Mini Transat 2013. Malgré quelques expériences de navigation adolescente, je revendique la posture du non-pratiquant. Comme j'ai couvert les systèmes d'information en étant juste une utilisatrice un peu éclairée, comme j'ai traité d'une chirurgie très pointue en ayant que mon bagage de maitrise de biochimie option nutrition pour principale base, je découvre les différents aspects de la navigation au fur et à mesure. Peut-être le meilleur moyen de savoir rester à distance pour garder le grand public comme l'une des cibles. Aucune arrogance vis à vis des confrères et autres titres en pensant faire mieux, mais juste l'idée qu'il y a de la place pour quelque chose de différent. Et avoir le luxe de pouvoir prendre le temps de mettre les choses en place, en suivant mon projet initial.

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