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Sébastien Rogues – GDF Suez (130)

Sébastien Rogues, skipper du Class40 GDF-Suez, va s'élancer pour sa première Route du Rhum ce dimanche 2 novembre, avec le statut de grand favori. © GDF-Suez
Sébastien Rogues, skipper du Class40 GDF-Suez, va s’élancer pour sa première Route du Rhum ce dimanche 2 novembre, avec le statut de grand favori. © GDF-Suez

Sur le papier, Sébastien Rogues est l’un des grands favoris de cette édition 2014 de la Route du Rhum en Class40. Un beau très performant, un projet professionnel avec un solide budget, un bon marin : voilà la recette de base de ce cocktail qui veut gagner à Pointe-à-Pitre. La dynamique de victoire aussi pour le Basque installé entre La Baule, Paris et Lorient et son Mach40 jaune et gris. Depuis le mois de mai 2013, ce couple, souvent en trio ou plus, a remporté toutes les courses sur lesquelles il se sont alignés, huit en calendrier officiel de la Class40, dix en rajoutant l’ArMen Race 2013 et le Tour de Belle-Ile 2014.

Propos recueillis par Carole Astier

Sailors & Races : A quand remonte la première envie de faire la Route du Rhum ?

Sébastien Rogues : La Route du Rhum c’est un rêve de gosse. Le premier avait été de faire la Mini Transat. C’est bien quand un rêve est exhaussé de passer au suivant. Il y a trois ans, je ne savais pas encore si j’allais la faire et c’est la chance que m’accorde GDF-Suez.

S&R : Quelle est votre expérience transtlantique ?

S. R. : J’ai fait cinq traversées, uniquement en course. La victoire sur la Transat Jacques Vabre reste le moment le plus marquant, suivi par l’arrivée à Bahia en 2009 sur ma première Mini Transat.

S&R : Avez-vous déjà fait une arrivée en Guadeloupe ou navigué dans cette zone des Antilles ?

S. R. : Cela sera ma première arrivée en Guadeloupe. Sur la Solidaire du Chocolat nous avons passé une porte à Saint-Barth qui est juste au nord de l’île.

S&R : Quelles sont vos attentes sur cette Route du Rhum 2014 ?

S. R. : Il n’y a que la course qui compte. Nous avons la chance qu’elle allie deux choses : regarder la nature et la compétition. Une traversée en solitaire ça n’est pas anodin, cela reste une vraie aventure mais je ne me pose pas la question. Oui c’est quelque chose d’énorme en soit mais la compétition me fait déjà assez réfléchir.

S&R : Est-ce que vous vous considérez comme professionnel ou amateur sur cette course et quel a été le timing de votre projet Route du Rhum ?

S. R. : J’ai la chance d’avoir un partenaire qui a cru en moi. Je suis professionnel depuis 2009. Déjà sur le Mini c’était ma seule activité. Depuis 2013 j’ai envie de me diversifier. Je crois au multicoque comme support du futur en course au large. Avec Matthieu Souben j’ai goûter au Formule 18 et plus récemment le Gc32. Je n’avais jamais fait un truc aussi sympa. C’est toujours mener dans la culture d’apprendre et de créer une équipe. J’ai fait une parenthèse un peu longue cet été sur le Class40. Cela permet d’arriver avec des regards différents.

S&R : Pourquoi avoir choisi la catégorie de la Class40 pour faire cette Route du Rhum ?

S. R. : La Class40 est l’une des plus grandes portes d’entrées des grandes transatlantiques. C’est en Class40 qu’il fat être. Il y a des différences de niveau sur toute la flotte mais il y a beaucoup de concurrents qui peuvent gagner. J’endosse le statut de favori surtout que j’ai tout fait pour.

S&R : Comment s’est fait le choix du bateau ? Est-ce qu’il y a eu des aménagements effectués pour cette Route du Rhum ?

S. R. : Le Mach40 a d’emblée était construit pour la Route du Rhum. Nous avons eu peu modifier le cockpit pour plus le typer pour le solitaire. C’est un bateau qui reste compliqué pour de l’équipage, pour naviguer à six ou sept dessus. Les modifications techniques, nous les gardons pour nous, mais j’ai eu un nouveau jeu de voiles pour palier la différence sur l’angulation de la quille pour les Mach40 sortis cette année (n°134 et n°137 présents sur cette Route du Rhum, ndlr).

S&R : Combien de jours de navigation sur ce Class40 avez vous effectués en 2014 ?

S. R. : Cette année 2014, j’ai dû passer 100 à 110 jours minimum à naviguer dessus.

S&R : Qu’est-ce qui est prévu pour le retour de Guadeloupe du voilier ?

S. R. : Le retour se fera par cargo.Le bateau est à vendre il faut qu’il soit disponible.

S&R : Est-ce que le financement du projet comporte une part d’apport personnel ?

S. R. : D’après le business plan établit sur le budget aloué par GDF-Suez, mon projet est confortable sur le plan technique mais j’ai pris des risques sur le bateau. J’en suis le propriétaire armateur. Comme je préfère ne pas compter sur le technique, mon salaire passe bien après le bateau. Je suis content de faire des résultats cela me récompense de mes investissements. Le bateau est à vendre 410 000 HT tout équipé avec deux jeux de voiles.

S&R : Qu’est-ce qui a été limitant en terme de budget ?

S. R. : Je n’ai pas refait toutes les voiles comme le spi médium, et nous n’avons pas mis autant de carbone nous le souhaitions dans la grand voile. Il y a des choix à arbitrer et je pense avoir fait au mieux avec le budget que j’ai. Je n’ai aucun regret.

S&R : Est-ce que vous disposez du soutien d’un préparateur professionnel, et si oui sur quelle période ?

S. R. : Cette saison c’est Martin Piquet qui est le préparateur du bateau. Il est extraordinaire, c’est mon bras droit. Il y a aussi Bertrand Castelnérac qui est dans l’équipe technique. Martin est à temps plein depuis la mi-février 2014 et le retour de la Transat Jacques Vabre.

S&R : Sur La Qualif’ Solidaire vous avez signé votre première victoire en solo en Class40 tout en vous qualifiant pour cette Route du Rhum ?

S. R. : C’est un bon souvenir. Il y a eu le plaisir de se retrouver seul sur le bateau qui permet de se projeter sur la durée.

S&R : Comment est-ce que vous vous entraînez (coach, solitaire) ?

S. R. : Je me suis entraîné tout seul cette saison. J’ai développé le bateau en interne. J’avais plus besoin de travailler seul qu’en groupe et sur des choses différentes. Cela faisait cinq ans que je m’entraînais avec Tanguy Leglatin.

S&R : Qu’est-ce que vous avez prévu pour le convoyage du Class40 vers Saint-Malo ?

S. R. : Ce sera un dernier entraînement avant le long temps à rester avec le bateau à quai à Saint-Malo.

S&R : Quel plaisir trouvez-vous dans la compétition en solitaire et quels sont vos objectifs sportifs sur cette course ?

S. R. : Vraiment tout : de la gestion de projet à la victoire, en passant par la bonne performance. Le projet est animé que par la part de compétition. Et tous les aspects sont intéressants. Sur cette Route du Rhum, je vise clairement la gagne. Après si je ne gagne pas en Guadeloupe cela ne sera pas une catastrophe. Je veux arriver là-bas sans aucun regret.

S&R : Avez-vous adopté une une préparation physique pour cette course ?

S. R. J’ai fait une grosse préparation physique avec Jean-Claude Ménard, qui passait notamment par la salle et des exercices de cardio. L’idée était de reproduire les gestes de matossage et de travailler l’équilibre. J’ai fait aussi un peu de charge.

S&R : La première partie de la Route du Rhum, avec le départ à près de 100 solitaires plus les bateaux accompagnateurs jusqu’au dégolfage en novembre, est particulière. En avez-vous l’expérience et comment l’abordez-vous ?

S. R. : Je ne réalise pas du tout ce que je vais vivre le 2 novembre. A voir quand nous serons à quelques jours du départ (interview réalisée courant octobre, ndlr). Mais c’est mon métier : de s’adapter à la difficulté du moment. Pour le Golfe de Gascogne je me prépare au fait que cela puisse être quelque chose de costaud : aussi bien au niveau du bateau que moralement.

S&R : Quel matériel de secours (spare dans le jargon maritime) embarquez vous pour la course ?

S. R. : J’embarque des choses mais je ne les communiquerai qu’après la course. Il faut trouver la solution au problème suivant : le bateau avance vite quand il est léger mais il n’avance plus quand il est cassé.

S&R : Quel type de nourriture avez-vous prévu pour l’avitaillement et combien de jours embarquez-vous ?

S. R. : J’ai prévu 17 jours de nourriture cela sera plutôt des plats préparés que des lyophilisés. Je travaille avec Ariane [Pehrson] de lyophilise.fr.

S&R : Allez-vous être présent sur Saint-Malo pour toute la durée du village départ ? Comment envisagez-vous cette dizaine de jours ?

S. R. : Je suis présent à Saint-Malo du 24 octobre au départ, avec avant une pause à Paris pour être un peu en famille. La course est au cœur du projet sportif mais je suis bien entouré pour gérer les différents aspects, organisateurs et sponsors. Il y [a] divers événements mais ils savent aussi me laisser du temps de repos.

S&R : Est-ce que vous avez déjà des choses bien engagées pour 2015 ?

S. R. : En 2015 je pars sur un programme Tour de France à la Voile et GC32 (catamaran sur foils, testé par Sébastien Rogues en septembre dernier à Marseille, ndlr). Je ferai toutes les courses d’avant saison en Diam 24 (le trimaran choisi pour le Tour de France à la Voile, ndlr) et les cinq régates européennes du GC32.

Troisième exemplaire du Mach40 construit par JPS Production, ce Class40 a tout gagné depuis mai 2013 remportant au passage le titre de Champion de la Class40 2013. © Christophe Brechi/GDF-Suez
Troisième exemplaire du Mach40 construit par JPS Production, ce Class40 a tout gagné depuis mai 2013 remportant au passage le titre de Champion de la Class40 2013. © Christophe Brechi/GDF-Suez

A propos de Carole Astier

Présentation Carole Astier Le journalisme est une vraie vocation. Influencée par un grand-père qui rêvait être journaliste, j'ai pris la tangente dès qu'elle s'est présentée lors de mes études en biologie. Une simple affiche « L'ESJ Lille recrute : devenez Journaliste Scientifique ». Le bac +4 indispensable en poche, c'est à l'ESJ Lille et à l'USTL que j'apprends ce métier. Promotion JS7 (Journaliste et Scientifique) alias Promotion ESJ 74 (sortie juin 2000). Pour les stages lors de la scolarité pas de surprise : l'agence aixoise de La Provence, la ville du Cour Mirabeau où j'ai usé mes fonds de culotte en secondaire, et France Football, car déjà mon attrait pour le journalisme sportif avait été perçu par les encadrants de la formation. Le bouclage du numéro parution le vendredi, le soir de la reprise de Ronaldo (le Brésilien) et de la victoire surprise de Calais sur Bordeaux en demie-finale de la Coupe de France 2000 reste encore mon plus beau souvenir de bouclage. Pour obtenir ma première carte de presse, je travaille dans une toute petite rédaction de la presse informatique professionnelle verticale (SI assurance et SI secteur santé). L'opportunité de toucher à tous les types rédactionnels, d'assez rapidement prendre en main la réalisation de grands dossiers. Je participe aussi à la naissance de deux nouveaux magazines au sein de la rédaction, abordant l'aspect maquette, charte graphique, et tout l'aspect de la chaîne graphique. Puis je dégote des piges, pour un journal orienté « plateaux techniques », qui permet de sortir du champs du seul système d'information, et de parler de plus en plus de la pratique médicale. Expérience très enrichissante de la création d'une lettre d'information pour une association de médecins spécialistes. Puis la présence au départ d'une course de Class40 : la Solidaire du Chocolat, des rencontres avec les skippers assez faciles, l'absence d'articles sur le sujet, me font tenter un blog. Après une tentative personnelle sur twitter dès 2009, je décide d'y revenir avec une visée uniquement professionnelle, et je découvre le plaisir de faire du direct avec le Live Tweet, et l'un des meilleurs moyens pour se faire son réseau à distance quand on n'a pas la chance d'habiter près de la mer et de ne pas être du sérail. Le blog est plutôt gagnant : des visites, de la matière, et des bons retour côté skippers. Alors mûrit la volonté de faire plus... et ça devient Sailors & Races. Quel est le comble du journaliste de terrain ? Malgré la grande curiosité, être très intimidé face aux personnes inconnues avec qui il n'a pas convenu de rendez-vous au préalable, mais être capable de se lancer dans un projet de portail multimedia en solo, en chargeant la barque en ajoutant une autre catégorie de voilier, mais il était impossible de passer à côté de la Mini Transat 2013. Malgré quelques expériences de navigation adolescente, je revendique la posture du non-pratiquant. Comme j'ai couvert les systèmes d'information en étant juste une utilisatrice un peu éclairée, comme j'ai traité d'une chirurgie très pointue en ayant que mon bagage de maitrise de biochimie option nutrition pour principale base, je découvre les différents aspects de la navigation au fur et à mesure. Peut-être le meilleur moyen de savoir rester à distance pour garder le grand public comme l'une des cibles. Aucune arrogance vis à vis des confrères et autres titres en pensant faire mieux, mais juste l'idée qu'il y a de la place pour quelque chose de différent. Et avoir le luxe de pouvoir prendre le temps de mettre les choses en place, en suivant mon projet initial.

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