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Pierre Brasseur – Matouba (79)

Dimanche Pierre Brasseur s'élance pour sa première course en solo en Class40. Pour la première fois une transatlantique va l'emmener découvrir un autre territoire que le Brésil, avec l'arrivée à Pointe-à-Pitre pour cette Route du Rhum - Destination Guadeloupe. © Breschi-Photo-Video
Dimanche Pierre Brasseur s’élance pour sa première course en solo en Class40. Pour la première fois une transatlantique va l’emmener découvrir un autre territoire que le Brésil, avec l’arrivée à Pointe-à-Pitre pour cette Route du Rhum – Destination Guadeloupe. © Breschi-Photo-Video

Pour Pierre Brasseur le cadeau de Noël est arrivé en juillet, quand Bertrand Guillonneau le skipper de Matouba a décidé de lui céder la barre, par manque de disponibilité à cause de son emploi du temps de grand chirurgien. Avec l’accord du sponsor, une eau de source de Guadeloupe, il a repris donc un projet clé en main où il intervenait en tant que coach. Après trois Mini Transat, dont une place de deuxième Série en 2011, il se prépare à sa première transat en solitaire sur un Class40. Ce plan Owen Clark date un peu pour jouer un podium mais le Picard basé à Lorient se présente comme un solide outsider.

Propos recueillis par Carole Astier

Sailors & Races : A quand remonte la première envie de faire la Route du Rhum ?

Pierre Brasseur : L’envie remonte au moment où j’ai commencé la course. Même avant puisque comme le Vendée Globe, la Route du Rhum fait partie des courses qui font rêver le grand public et donnent envie de faire de la voile.

S&R : Quelle est votre expérience transtlantique ?

P. B. : J’ai fait toutes mes transatlantiques en course : trois Mini Transats et une Transat Jacques Vabre (en Class40 sur le n°115 avec Jörg Riechers pour une troisième place, ndlr). Je suis toujours arrivé au Brésil jamais aux Antilles. J’aime quand au bout de quelques jours je me retrouve en osmose avec le bateau. J’aime la sensation d’être au large, loin de tout. En double, c’est plus facile de lancer le bateau, de tirer un peu dessus. En solitaire, toute erreur coûte, il faut faire plus attention.

S&R : Avez-vous déjà fait une arrivée en Guadeloupe ou navigué dans cette zone des Antilles ?

P. B. : Je connais les Antilles mais pas l’arrivée en Guadeloupe. Je sais à quoi m’attendre mais je comprends aussi que c’est très changeant voire aléatoire. L’atterrissage n’est pas simple.

S&R : Quelles sont vos attentes sur cette Route du Rhum 2014 ?

P. B. : J’ai envie de bien naviguer. L’objectif de travail personnel que j’ai envie d’atteindre c’est de faire une belle trajectoire. Je n’ai pas d’objectif de résultat. J’ai pris le projet au dernier moment.

S&R : Est-ce que vous vous considérez comme professionnel ou amateur sur cette course et quel a été le timing de votre projet Route du Rhum ?

P. B. : Je suis professionnel, c’est mon métier : j’entraîne ou prépare. Depuis juillet 2014 je suis non-stop sur le projet. Philippe Cairo me file un coup de main. Depuis le début de l’année 2014, j’étais l’entraîneur de Bertrand [Guillonneau], mon travail était de s’adapter à ses attentes : mettre le bateau à sa main et travailler les manœuvres. Ensuite nous devions aborder la partie préparation de la navigation.

S&R : Pourquoi avoir choisi la catégorie de la Class40 pour faire cette Route du Rhum ?

P. B. : Je n’ai pas choisi, c’est le projet que l’on m’a proposé mais je suis très content d’être en Class40. Certes j’ai envie de faire du multicoque mais vu le temps imparti heureusement que c’est en Class40 un support sur lequel j’ai déjà bien navigué.

S&R : Qu’est-ce que vous pouvez-nous dire sur ce n°79 Matouba ? Est-ce qu’il y a eu des aménagements en vue de cette Route du Rhum ?

P. B. : C’est un bon bateau, bien costaud. Il est agréable à naviguer et a des qualités dans le petit temps (ce qui lui a permis de signer la deuxième place sur le Grand Prix Guyader cette saison, ndlr). Il n’a pas les qualités de décalage par rapport aux bateaux de dernière génération. Cet été nous avons reculé les ballasts et nous avons allégé le bateau au maximum. Bertrand est plus amateur il a donc une autre philosophie dans son approche.

S&R : Combien de jours de navigation sur ce Class40 avez vous effectués en 2014 ?

P. B. : Le voilier a été remis à l’eau en septembre. Je dois avoir une trentaine de jours de navigation à bord. Je découvre encore un petit peu le bateau mais je me sens bien dessus.

S&R : Qu’est-ce qui est prévu pour le retour de Guadeloupe du voilier ?

P. B. : Le bateau est à vendre. S’il y a un acheteur là-bas, il y restera sinon ça sera retour par cargo.

S&R : Est-ce que vous disposez du soutien d’un préparateur professionnel, et si oui sur quelle période ?

P. B. : Philippe Cairo m’aide. A côté des Minis, les Class40 commencent à être des bateaux assez grands avec pas mal de travail de préparation. Son aide, une vingtaine de jours, a été un gain de temps indéniable.

S&R : Comment s’est passée votre qualification pour cette Route du Rhum ?

P. B. : J’ai fait ma qualification au mois de septembre, j’avais de bonnes conditions. Cela m’a permis de passer en revue toutes les allures, toutes les voiles et de bien piloter le bateau.

S&R : Comment est-ce que vous vous entraînez (coach, solitaire) ?

P. B. : J’ai participé à deux sessions de Tanguy Leglatin. Cela permet de valider les réglages. C’est toujours bien quand on est tout seul de valider les systèmes avec les autres, notamment pour la vitesse. J’ai fait aussi des sorties en solitaires dont au moins trois de 24 à 36 heures, notamment pour naviguer de nuit et s’entraîner pour les manœuvres, fichiers météos et le routage. Maintenant j’enchaîne le travail plus précis sur les réglages.

S&R : Qu’est-ce que vous avez prévu pour le convoyage du Class40 vers Saint-Malo ?

P. B. : Cela ne [pouvait] pas être tout seul pour ne pas abîmer le bateau (parti le mercredi 22/10 comme de nombreux Lorientais, il était accompagné de Gwénolé Gahinet et Clément Bouyssou, ndlr).

S&R : Quel plaisir trouvez-vous dans la compétition en solitaire et quels sont vos objectifs sportifs sur cette course ?

P. B. : J’aime la compétition cela oblige à se dépasser. Je l’ai surtout par rapport à moi-même. Je ne vais pas forcément faire attention aux autres, notamment parce que nous n’avons pas tous le même bateau. Selon moi, c’est souvent une erreur de se comparer aux autres. Une place dans le top 10 serait une belle performance.

S&R : Avez-vous adopté une préparation physique pour cette course ?

P. B. : Je fais du sport régulièrement, tout le temps. Avec le mois d’août en chantier, cela donne une bonne préparation aussi.

S&R : La première partie de la Route du Rhum, avec le départ à près de 100 solitaires plus les bateaux accompagnateurs jusqu’au dégolfage en novembre, est particulière. En avez-vous l’expérience et comment l’abordez-vous ?

P. B. : J’étais au départ en 2010 car je préparais un bateau. Avec le monde sur la zone c’est un peu le fouillis. C’est aussi bien de prendre un bon départ, la flotte s’étale assez vite : nous allons assez vite nous retrouver avec ceux de notre catégorie. Jusqu’au cap Fréhel il y a du monde qui suit mais il faut faire confiance aux accompagnateurs. Sur la partie du golfe de Gascogne ça peut être sport, donc il faut s’y préparer. Si les conditions sont rudes cela n’est jamais agréable, mais nous sommes tous logés à la même enseigne. Au mois de novembre, la probabilité d’avoir des dépressions est importante, cela nous mettra tout de suite dans le bain. On peut bien préparer cette partie là déjà à terre.

S&R : Quel matériel de secours (spare dans le jargon maritime) embarquez vous pour la course ?

P. B. : C’est un petit secret et il n’y aura pas grand chose. J’ai un peu de quoi réparer : ficelle, strate. C’est toujours difficile de savoir quoi emmener.

S&R : Quel type de nourriture avez-vous prévu pour l’avitaillement et combien de jours embarquez-vous ?

P. B. : J’ai essentiellement du lyophilisé et des fruits frais qui se conservent. J’ai aussi des fruits secs. J’ai prévu pour 20 jours.

S&R : Allez-vous être présent sur Saint-Malo pour toute la durée du village départ ? Comment envisagez-vous cette dizaine de jours ?

P. B. : Je vais rester à Saint-Malo. Il y a en général des trucs à faire tous les jours, donc il est difficile de s’éloigner trop. Mais je ne vais pas trop traîner sur les pontons non plus. Le bateau lui sera prêt. Cela est dans l’idée de ne pas faire des choses trop chargées, avec quand même un baptême (ce 1er novembre, ndlr) et des visites du bateau pour le sponsor.

S&R : Est-ce que vous avez déjà des choses bien engagées pour 2015 ?

P. B. : Pour moi l’envie est de faire du Figaro mais pour l’instant je n’ai pas de projet. Quant au Class40 lui est à vendre.

En juillet Bertrand Guillonneau et Matouba l'ont décidé c'est Pierre Brasseur qui amènera le Class40 aux couleurs de la Ligue contre le Cancer. © Breschi-Photo-Video
En juillet Bertrand Guillonneau et Matouba l’ont décidé c’est Pierre Brasseur qui amènera le Class40 aux couleurs de la Ligue contre le Cancer. © Breschi-Photo-Video

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